Apprenez à reconnaître les plantes nuisibles et les espèces végétales exotiques envahissantes (EVEE) les plus communes sur le territoire de la Ville de Boucherville. Informez vous sur les bonnes pratiques les entourant.

Qu’est-ce qu’une plante nuisible?

Certaines plantes présentent naturellement dans les écosystèmes locaux peuvent présenter un risque pour la santé humaine. Pour cette raison, il n’est pas souhaitable de les retrouver à proximité de nos milieux de vie.

Herbe à poux

On retrouve la petite herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia) surtout dans des milieux exposés au soleil, car elle ne tolère pas l’ombre. À partir du mois de mai et jusqu’à la fin de l’été, on la retrouve en bordure de routes, dans les fissures de l’asphalte et des trottoirs, dans les terres agricoles ainsi que sur des sites récemment abandonnés par l’humain.

Impacts sur la santé humaine

Dès la fin juillet jusqu’aux premiers gels, avec un point culminant au début août et à la fin septembre, la plante libère un pollen pouvant causer des allergies saisonnières. Les personnes souffrant d’asthme y sont particulièrement vulnérables.

Identification

Vous pouvez reconnaître l’herbe à poux à sa tige dressée, ramifiée, poilue et verte, mesurant de quelques centimètres à plus d’un mètre de hauteur. Ses feuilles, semblables à celles des carottes, sont opposées l’une à l’autre à la base du plant puis alternées sur la partie supérieure de la tige. En juillet, des petites fleurs jaune-verdâtre groupées en épis font leur apparition au sommet de la tige et des rameaux.

Lutte

L’arrachage des plants d’herbe à poux, idéalement avant qu’ils ne montent en graines, est une méthode de contrôle simple et efficace. Malgré qu’il ne soit pas possible de l’éliminer complètement, une diminution du nombre de plants est souhaitable, vu les effets de son pollen sur la santé. La tonte ou le fauchage fréquent permet également un certain contrôle. Vous pouvez mettre du paillis dans les plates-bandes ou planter des graminées et du trèfle dans les endroits clairsemés pour lui faire compétition. Une fois arrachés ou coupés, les plants doivent être disposés de manière à éviter sa propagation. Si les plants sont en fleurs ou en graines, mieux vaut les déposer dans les ordures.

Herbe à puce

On croise l’herbe à puce (Toxicodendron radicans) assez fréquemment à la lisière des boisés, sur les rivages, dans les bordures de routes, de voies ferrées ou de sentiers.

Impacts sur la santé humaine

La plante produit une résine, qui est libérée lorsqu’on abime le plant. Cette résine lorsqu’elle entre en contact avec la peau, cause pour 50 à 85 % de la population une réaction allergique prenant la forme d’une inflammation de la peau. On voit apparaître des lésions, des plaques rouges, des boutons et des vésicules en moyenne dans les 24 h à 72 heures après le contact. L’hiver, seuls les fruits ronds et verdâtres, disposés en grappes dressées, persistent sur le plant. Les plants peuvent causer une réaction allergique toute l’année.

Identification

Ne pas confondre avec l’herbe à poux ayant une apparence et des répercussions bien différentes. L’herbe à puce possède une tige ligneuse, soit dressée ou grimpante. Les feuilles sont luisantes, rouge vin au printemps, vertes en été et terminent la saison de couleur jaune, orange ou rouge. Chaque feuille est subdivisée en trois sections, chacune en forme de pointe de lance. De la fin mai à la fin juillet, la plante produit de discrètes grappes de fleurs blanchâtres. Les fruits verts ou blancs, de la taille et de la forme d’un pois sec, apparaissent en septembre et peuvent persister tout l’hiver sur le plant.

Lutte

Des précautions particulières doivent être appliquées pour se protéger de la plante si l’on tente de l’éliminer. La tonte peut causer des contacts par éclaboussure et stimuler la repousse des plants, tandis que le brûlage crée des émanations allergènes pouvant alors causer des problèmes respiratoires. Il faut donc se munir de bottes et de gants de caoutchouc, d’une combinaison imperméable jetable ou de vêtements longs ainsi que d’une visière pour se protéger avant de procéder à l’arrachage des plants à l’aide d’outils manuels. Les racines sont peu profondes et l’arrachage deux années de suite suffit généralement à épuiser les plants.

Une fois les travaux terminés, lavez les vêtements et les outils ayant pu être en contact avec la résine à plusieurs reprises à l’eau chaude et au savon. Si un contact survient avec l’humain, lavez le plus rapidement possible toutes les régions exposées en utilisant de l’eau froide, puis du savon doux. Dans ce cas-ci, les bains et les douches à l’eau chaude sont déconseillés. Si vous observez des plants situés dans un milieu naturel et que leur emplacement ne pose pas de risque pour l’humain, il n’est pas recommandé d’intervenir.

Panais sauvage

Le panais sauvage (Pastinaca sativa) est l’ancêtre de nos panais cultivés. Il se propage principalement en bordure de routes ou de sentiers en plein soleil, dans les champs ou en bordure de boisés et de cours d’eau.

Impacts sur la santé humaine

Le panais produit une substance, qui, lorsqu’elle est en contact avec la peau, peut causer des inflammations de la peau. En effet, si la sève reste sur la peau pendant quelques heures et que celle-ci est exposée aux rayons ultraviolets du soleil, on y voit apparaître des cloques et une réaction semblable à une brûlure.

Identification

En floraison, la plante peut aller jusqu’à 2 mètres de haut. La tige principale est creuse et cannelée. La plante ressemble à s’y méprendre au panais cultivé. Le panais sauvage arbore, en juillet et août, des fleurs jaunes composées de multiples petites fleurs à cinq pétales. Les fruits contenant les graines sont verts et discrets, de forme ovale et groupés par deux.

Lutte

Des précautions particulières doivent être prises pour éviter d’entrer en contact avec la sève si l’on tente de l’éliminer. Il faut idéalement se munir de bottes et de gants de caoutchouc, d’une combinaison imperméable jetable ou de vêtements longs ainsi que d’une visière pour se protéger avant de procéder à l’arrachage manuel des plants. On évite de la faucher pour limiter les risques d’éclaboussures de la sève. Les racines peuvent être coupées en biseau dans le sol à une profondeur d’environ 5 cm à l’aide d’une pelle.

Si les plants ne sont ni en fleurs ni en graines, il est possible de composter les résidus de coupe, sinon on les placera aux ordures pour éviter la propagation des graines. Une fois les travaux terminés, lavez les vêtements et les outils ayant pu être en contact avec la sève. Si un contact survient, lavez le plus rapidement possible toutes les régions exposées à l’eau et au savon. Évitez d’exposer les parties touchées à la lumière.


Espèces végétales exotiques envahissantes (EVEE)

Elles sont des plantes venues d’ailleurs pouvant nuire à l’humain et à l’environnement. Elles possèdent des caractéristiques individuelles leur donnant un avantages sur nos espèces indigènes et bouleversent les milieux dans lesquels elles se propagent. Voici celles que l’on retrouve le plus fréquemment sur le territoire de la municipalité.

Retrouvez la liste complète des espèces exotiques envahissantes sur l’application Sentinelle. Il est également possible de signaler la présence de ces espèces et de consulter les données compilées sur cette application.

Alliaire officinale

L’alliaire officinale (Alliaria petiolata) prolifère dans les boisés et aux abords des sentiers et des routes.

Impacts sur la biodiversité

L’alliaire forme des colonies nuisant à la présence d’autres végétaux de sous-bois et pourrait compromettre les fonctions écologiques de nos milieux naturels. Chaque plant peut produire jusqu’à 900 graines, qui demeurent viables dans le sol très longtemps. Les herbivores n’aiment pas la brouter, car elle a un fort goût d’ail. L’alliaire dégage dans le sol des substances qui sont toxiques à certains champignons vivant en symbiose avec les racines de nos plantes indigènes. L’affaiblissement de cette symbiose fragilise le couvert végétal en compromettant les échanges nutritifs entre les sols forestiers et les plantes indigènes.

Identification

L’alliaire officinale est facile à identifier. La première année de son cycle de vie, elle produit une rosette de feuilles en forme de rein. La bordure des feuilles est dentée. La deuxième année, on voit apparaître des tiges florales allant de 30 cm à 1,5 mètre de haut, la forme des feuilles est alors triangulaire, mais toujours dentée. Les fleurs sont petites, blanches, à quatre pétales. La floraison se fait dès le mois de mai. C’est alors le moment idéal pour l’observer et l’arracher ! Sinon, les fleurs se transformeront en graines et le cycle se perpétuera.

Espèces semblables : Les feuilles de la première année peuvent ressembler à celle des violettes ou des benoîtes.

Truc : En froissant la feuille, on note une odeur d’ail. Au printemps, elle est une des premières plantes qui émerge dans les milieux forestiers, on observe alors des colonies verdoyantes sur le fond terne du sous-bois.

Lutte

Pour lutter contre l’alliaire, on l’arrache et on jette le plant aux ordures. On répète la corvée chaque année pour épuiser la banque de graines pouvant se trouver dans le sol. Il ne faut pas la mettre au compost ni dans les résidus verts. Un plant arraché peut continuer de développer des fruits et des graines et se propager malgré tout.

Anthrisque des bois

L’anthrisque des bois (Anthriscus sylvestris) prolifère dans les milieux plutôt ouverts ou perturbés, tels que les bords de routes et de boisés, les prés et les abords des cours d’eau.

Impacts sur la biodiversité

Malgré l’absence de preuves démontrant son caractère nuisible pour la biodiversité ou l’agriculture, l’anthrisque figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes du Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Il n’est pas rare de la voir occuper tout l’espace disponible dans les lieux où elle prolifère.

Identification

Comme l’anthrisque des bois fait partie d’une famille de plantes très nombreuses et semblables, elle est plutôt difficile à identifier. La tige principale du plant est creuse, cannelée et poilue. Elle atteint de 30 cm à 1,5 mètre de haut. Les feuilles, très divisées, ressemblent à de petites fougères tandis que les minuscules fleurs blanches sont regroupées en ombrelles au sommet de la plante.

Espèces semblables : la carotte sauvage, le panais sauvage, la valériane officinale, le cerfeuil, la ciguë, etc. Certaines de ces plantes similaires sont toxiques et d’autres ont une sève qui sensibilise la peau aux rayons du soleil, causant des brûlures.

Lutte

La lutte est généralement faite de manière mécanisée. On peut également l’arracher manuellement si le labour n’est pas possible. L’anthrisque des bois ressemble à certaines espèces qu’il ne faut pas manipuler à mains nues sous risque de se brûler. Si vous l’arrachez, portez des gants et évitez d’entrer en contact avec la sève de la plante. Disposez des plants retirés dans les ordures. Évitez de répandre ses graines ou de déplacer du sol qui pourrait en contenir.

Nerprun cathartique

Le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) colonise plusieurs parcs et boisés de Boucherville. Les semences et boutures sont souvent implantées dans de nouveaux milieux lorsque des ouvertures sont créées par la coupe ou la chute d’un arbre ou lorsque les oiseaux, qui mangent les fruits, ressèment les noyaux par le biais de leurs déjections.

Impacts sur la biodiversité

Les sites où l’espèce prolifère présentent généralement une moins bonne variété et densité d’oiseaux, de mammifères, d’insectes (notamment les papillons) et de plantes indigènes. Toutes les parties du nerprun, lorsqu’elles se décomposent, dégagent une substance toxique pour certains amphibiens, dont la rainette faux-grillon de l’Ouest (Pseudacris triseriata), espèce menacée au Québec. Le nerprun dégagerait également des substances qui nuisent à la croissance et la germination des autres plantes.

Identification

Le nerprun cathartique est un arbuste de petite envergure pouvant parfois atteindre jusqu’à 8 mètres de haut. On observe une couleur orangée sous l’écorce lorsqu’on la retire. Les branches se terminent parfois en une épine. Les feuilles sont disposées de manière quasi opposée sur les branches. Leurs nervures sont profondes et la marge des feuilles est dentelée. Il produit de petits fruits noirs, ronds, d’un diamètre de 5 à 10 mm.

Espèces semblables : le feuillage peut être confondu avec celui des pommiers, pommetiers, aubépines, cornouillers ou cerisiers, mais le feuillage du nerprun demeure vert plus longtemps à l’automne.

Lutte

Le nerprun cathartique est très difficile à éliminer. Il produit des fruits abondamment et la coupe des arbres peut stimuler une repousse du plant à partir de la souche. La meilleure méthode demeure d’arracher les plants, racines incluses. Comme ce n’est pas toujours réalisable, il existe différentes méthodes qui consistent à couper l’arbuste, puis à placer une toile sur la souche pour éviter la repousse du plant. Disposez des plants retirés dans les ordures. Évitez de répandre ses graines ou de déplacer du sol qui pourrait en contenir.

Renouée du Japon

La renouée du Japon (Reynoutria japonica) forme de denses colonies et se multiplie par la fragmentation de ses tiges et par ses rhizomes (tiges souterraines). Un minuscule fragment, porté par les cours d’eau ou par l’intervention humaine (terre contaminée), suffit à l’implantation d’une nouvelle colonie.

Impacts sur la biodiversité

Elle peut avoir un impact sur la santé des sols en modifiant sa composition chimique et en portant atteinte aux micro-organismes dans ceux-ci. En berge des cours d’eau, elle accentuerait des problèmes d’érosion. Une fois présente, il est très difficile de l’éliminer, mais au contraire, très facile de la propager. Ses colonies sont si denses que la grande majorité des plantes indigènes n’arrivent pas à survivre sous son couvert.

Identification

La renouée du Japon forme des colonies denses et verdoyants. Des tiges, lisses, creuses et rappelant l’aspect du bambou, portent des feuilles ovales à triangulaires, à l’extrémité pointue, à la base tronquée et à la marge lisse. Ces feuilles sont disposées en alternance sur la tige (et non opposées l’une à l’autre). Les fleurs sont petites, blanches et réunies en grappes à l’aisselle des feuilles et apparaissent généralement en septembre.

Espèces semblables : Il existe une forme hybride de la renouée du Japon nommée la renouée de Bohème, dont l’apparence est très similaire et cause les mêmes problèmes que la renouée du Japon. La base des feuilles de cet hybride pourrait être en forme de cœur plutôt que droite.

Lutte

Diverses méthodes peuvent être tentées pour éliminer une colonie. Dans tous les cas, il s’agit d’une tâche s’échelonnant sur plusieurs années et pouvant engendrer des efforts et des coûts non négligeables. Il existe plusieurs guides offrant des solutions passant de l’excavation à l’arrachage, ou encore de la fauche suivie d’un bâchage. Il vaut mieux bien vous renseigner auprès d’autorités compétentes avant d’entamer des travaux, la disposition des résidus étant tout particulièrement sensible pour cette espèce afin d’éviter sa propagation.

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Ligne info environnement : 450 449-8113
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